Où sont les hommes? : Une tragédie féminine

« Où sont les hommes ? » Ce n’est pas seulement le titre d’un film à succès, mais une question que j’entends des lèvres de plusieurs femmes désireuses de développer une relation de couple. C’est une question qui s’immisce dans les conversations de salon, dans les lieux de culte, dans les salles de classe, dans les couloirs d’entreprises. Une question qui hante les esprits et les nuits de femmes de toute catégorie confondue.  Pourtant, les hommes sont bien présents, ils sont repérables dans tous les coins de rues. S’il faut faire confiance aux données publiées par l’IHSI, 49,56 % de la population haïtienne est constituée de mâle, dont plus de 3 millions ayant 18 ans au moins. Justement me diront certaines femmes, nous avons besoin d’hommes, pas seulement de mâles qui ont la propension de nous faire du mal. Cependant, le pays regorge d’hommes, des hommes de tout poil et de tout acabit, des hommes de toute dimension, de classes sociales diverses, de toute condition intellectuelle et économique, et même d’une multiplicité de races. Haïti héberge des hommes ‘bananes’ de l’Arcahaie, des hommes canne à sucre de Léogâne et de la Croix des Bouquets, des hommes ‘comparèt’ de Jérémie, des hommes ‘TomTom’ des Cayes, des hommes noix du Cap, des hommes ‘mangue’ de la Plaine du Cul de Sac, des hommes ‘poisson’ de Jacmel. J’ai failli oublier, des hommes……de Port-au-Prince. Les hommes sont donc bien présents in vivo.  Néanmoins, la question demeure entière chez la gent féminine, « où sont les hommes ? »

Vous comprendrez sans trop de difficultés que la question n’adresse pas la composante « physique » de l’homme, mais se réfère de préférence à une autre dimension. Ainsi, l’interrogation se précise, « où sont les hommes matrimonialement viables ?» C’est-à-dire des hommes mariables.

A l’insistance d’une réponse simpliste, certaines d’une voix tragique rétorquent « les bons hommes sont déjà casés. » Le problème est donc plus corsé que perçu.

Si la question parait difficile, la réponse est  encore plus complexe. Car, les réponses à l’expression « matrimonialement viables » sont aussi diverses que les prétendantes. Elles vont de l’homme-argent à l’homme spirituel en passant par le beau parleur, le bel homme, l’homme à la tête bien faite et l’homme « gwo pòtray. » Par contre, en dépit de cette plage d’hommes désirés par les unes et les autres, ce qui peut causer la confusion de certains, des caractéristiques communes sous-tendent les diverses représentation que les femmes recherchent. Au-delà des clivages sociaux, économiques, intellectuels et religieux, les femmes veulent des hommes qui s’engagent dans une relation et ceci sans demi-mesure.  Elles exigent l’exclusivité, c’est-à-dire des hommes qui ne papillonnent pas d’une femme à l’autre. Elles abhorrent les irresponsables et soupirent après des hommes  tendres et romantiques sans pour autant être trop efféminés ou indécis. En somme, elles veulent avoir des hommes qui leur donnent un sentiment de sécurité en tout point.

A entendre les femmes d’un certain âge, la société a produit ces hommes dans le temps. Mais sont-ils toujours dans la chaine de production aujourd’hui ? Sinon, comment les avoir, à quel rythme et pour quel type de femme. Si la réponse est oui, où peut-on les trouver, comment les identifier ? Existe-t-il des femmes pour de tels hommes, car pour avoir un couple réussit il ne suffit pas de trouver la bonne personne, il faut s’évertuer à être un bon parti également.

Pasteur Jean Valéry Vital-Herne

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *